Articles dans la catégorie ‘Publicité télé’

Une pub anti-McDonald de mauvais goût?

Mercredi 15 septembre 2010

Burrrp! Cette publicité réalisée pour le compte d’un groupe de médecins américains nommé PCRM (Comité pour une médecine responsable) circule présentement sur la toile et sera semble-t-il diffusée jeudi lors du Daily Show de Jon Stewart. Une charge à fond contre le géant de la restauration rapide.

On sait que McDonald à fait de gros efforts au cours des dernières années pour offrir à sa clientèle des choix un peu plus santé. Les mauvaise langues diront qu’elle a surtout mis beaucoup de fric pour en faire la promotion et tenter de faire croire à un pseudo virage-santé. Mmmm… Et-vous, allez-vous souvent au McDo quand l’envie vous prend de manger une salade?

Cette pub virale (jusqu’à maintenant) est un autre exemple (tout comme celle contre Neslé en mars dernier) que la grandes multinationales sont de plus en plus vulnérables à la critique et aux attaques et qu’elles auront fort à faire maintenant que les canaux de diffusion sont de plus en plus accessibles et démocratisés.

Entre nous, honnêtement, il n’y a rien là-dedans que nous ne savions déjà. Ce n’est sûrement pas ça qui empêchera des ados de bouffer du McDo un peu trop souvent. À la limite, ils pourraient même trouver ça quasiment cool. Surtout si on compare à d’autres produits dans la même catégorie. Au Québec par exemple, la Sloche avec son branding et ses publicités vraiment trash.

Bon, ce n’est sans doute pas le jeunes qu’on vise. Plutôt les adultes comme vous et moi, un peu plus soucieux de leur alimentation, mais qui ne se refusent quand même pas une petite dose de gras saturé une fois aux deux semaines.

Ai-je peur de mourir si je mange du fast-food? Bien sûr que non. Pas plus qu’on pensait mettre notre vie en danger en fumant il y a 30 ans. Mais ça fait quand même un peu réfléchir, surtout quand le message est signé par des professionnels de la santé (qu’on imagine un tant soit peu objectifs). Et cumulés avec d’autre messages négatifs au sujet de l’alimentation rapide, ça pourrait nous inciter à «sauter un tour de McDo» de temps en temps. Donc, pas très bon pour les affaires.

Dans la guerre de l’image, tous les points comptent. Surveillons donc maintenant la riposte à venir…

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La SAAQ, du cauchemar à la réalité

Jeudi 17 juin 2010

Cette campagne télé de la Société de l’assurance automobile du Québec pour la prévention de la conduite avec les facultés affaiblies chez les jeunes est en ondes depuis quelques semaines et on en dit beaucoup de bien. Et pour cause. Dès le premier visionnement, elle capte notre attention. Et sa conclusion nous surprend agréablement, pour plusieurs raisons.

Ce message rompt avec une certaine tradition instituée depuis plusieurs années, où on préconisait des concepts «choc», repoussant chaque fois les limites de l’horreur et de la tragédie.

Mais, on le sait, les jeunes (et parfois aussi les moins jeunes) finissent toujours par s’habituer à la présence (virtuelle) du sang, des pleurs et de la tôle froissée. Est-ce l’effet des jeux vidéo, du cinéma, de Youtube ou des Jackass? Je laisse le débat à d’autres, mais c’est un fait. C’est donc une belle surprise de voir un message qui contraste en utilisant  une approche plus positive, sympathique et subtile.

Ceci dit, même si certains condamnent déjà l’ancienne façon de faire plus trash – c’est plus facile à dire après coup – soulignons qu’elle a déjà fait preuve d’une efficacité redoutable. En effet, qui a oublié le premier message «à grand déploiement» de la SAAQ au début des années 1990 où on voyait un piéton frappé par une voiture faire un double salto arrière et virevolter dans les airs comme une poupée de chiffons, dans la plus pure tradition des cascades de films hollywoodiens? Cette pub spectaculaire avait fait époque au Québec (et avait aussi semble-t-il coûté très cher). Elle avait aussi eu un impact remarquable (sans mauvais jeu de mots), et tracé la voie à plusieurs autres par la suite.

L’idée n’est donc pas de savoir si l’approche sensationnaliste était moins bonne, moins morale ou quoi que ce soit d’autre. Elle a fait le travail qu’elle avait à faire et sera sans doute à nouveau pertinente un jour. C’est une question de cycles, dans le monde de la mode comme dans celui de la psychologie sociale. Mais pour le moment, on est peut-être rendu ailleurs. Tout comme comme dans la magnifique pub «Embrace life» sur le port de la ceinture réalisée en Grande-Bretagne.

Car d’un point de vue stratégique, le message de la SAAQ s’y prend très habilement pour remplir ses objectifs et rejoindre les jeunes conducteurs et leurs parents. Évoquer le drame sans le montrer. Surprendre. Jouer sur des liens affectifs très forts. Mettre en scène une situation très proche de la réalité courante, sans avoir besoin d’exagérer ni de faire la morale. Ce qui donne un message sympathique dans lequel beaucoup de gens peuvent se projeter, qu’ils soient jeunes ou vieux.

Chapeau  pour le concept, le montage et le jeu des comédiens. Le père, nuancé et touchant — c’est vous, votre père ou bien quelqu’un que vous connaissez très bien. Et le fils, juste assez distrait et désinvolte pour justifier le dénouement de l’histoire.

Une excellente pub dont l’intérêt résiste à l’écoute répétée, parce qu’elle s’appui sur des préoccupations et des émotions exprimées avec subtilité.

Mais aussi un beau défi pour la suite. Qu’est-ce que la SAAQ et son agence vont trouver pour se dépasser et nous surprendre encore la prochaine fois?

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La campagne de sensibilisation aux agressions sexuelles: quand l’authenticité crève l’écran

Mercredi 31 mars 2010

Impossible de ne pas la remarquer ou de rester indifférent. La pub télé commence sur un plan fixe, grand angle. Une femme ajuste ce qui semble être une webcam, puis elle nous regarde. Une femme qu’on devine être dans le day to day, tout comme nous emportée par le tourbillon du travail, de la famille et du couple. Une professionnelle qui réussi, bref qui fait sa vie. Qui n’a ni l’air pauvre, ni misérable, ni d’une victime. Une femme tout à fait normale. Un bel appartement en arrière plan. Elle arrive probablement de travailler ou bien elle s’apprête à s’y rendre.

Mais il y a son regard: il semble blessé, chargé de tristesse, de rage, de peur, de regrets. Tout ça, on le saisi en deux secondes. Elle va parler. Que va t-elle nous dire? On attend, suspendu à son souffle…

La campagne pour dénoncer et prévenir les agressions sexuelles menée conjointement par le ministère québécois de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et le ministère québécois de la Justice frappe droit dans le mille et droit au coeur.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’on aborde le sujet, que ce soit via l’un ou l’autre des organismes associés à cette problématique. Il n’y a pas si longtemps, le procès de Guy Cloutier et les nombreux témoignages de sa victime Nathalie Simard avait lancer la discussion et surtout ouvert la porte à de salvatrices dénonciations par des victimes partout au Québec.

Cette campagne ramène le sujet très habilement, mais son succès repose surtout sur une valeur qui, bien que très à la mode, fait souvent cruellement défaut en publicité, sociétale ou autre, et qui n’a jamais été aussi pertinente qu’ici: l’AUTHENTICITÉ.

Bien sûr, c’est une pub. C’est une mise en scène, ce n’est pas un vrai témoignage. C’est même à la limite un peu théâtrale comme procédé. Mais il y une chose qui est indiscutablement véridique: l’émotion. Touchante et désarmante. Tout est dans la manière.

Le casting parfait, le jeu de la comédienne, la justesse du texte et la précision du ton, les silences éloquents, le rythme. Tout dans cette pub contribue à créer une rencontre entre l’anecdotique et la gravité, entre moment présent et le souvenir douleureux qui bascule dans la confidence. En prime les premières diffusions du message étaient scindées en deux, entrecoupés par d’autres messages, ce qui renforçait le malaise et l’intrigue puisqu’on ne savait pas qui signait la pub.

Les exécutions sur le Web, sous forme de bandeaux vidéos sont tout aussi efficaces (et fait original, ils ne sont pas cliquable avant la fin du vidéo, pour nous inciter à écouter le témoignage jusqu’au bout).

Une campagne publicitaire ne peut pas tout changer à elle seule et enrayer les agressions sexuelles. Mais pour interpeller les victimes (et leur proches), les inciter à demander de l’aide et éventuellement à dénoncer leur agresseur et enfin à reprendre le contrôle de leur vie, c’est fort, très fort.

Chapeau.

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